(Vidéo) Pour nos 40 ans, on a demandé à Vincent Vallières de créer un concert unique entouré d’artistes autochtones et allochtones. Un spectacle rassembleur, comme une autre occasion de se rapprocher, de chanter ensemble.
Dumas et Petite-Vallée : une histoire de racines, de rencontres et de moments inoubliables
Festival en chanson
Lorsque Dumas montera sur la scène du nouveau Théâtre de la Vieille Forge le 17 avril prochain avec son spectacle Piano voix diapos, il ne s’agira pas d’un simple arrêt de tournée. Ce sera un retour chargé de sens dans un lieu qui a profondément marqué son parcours.
Car avant les grandes salles et les tournées d’envergure, il y a eu Petite-Vallée.
En 2000, un jeune Dumas débarque en Gaspésie pour participer au concours du Festival en chanson de Petite-Vallée. À l’époque, il en est à ses débuts, tout juste sorti du cégep, avec des chansons encore imprégnées de ses influences.
Le voyage lui-même est une aventure. « Je n’avais jamais voyagé », se souvient-il. « Monter en Gaspésie en fourgonnette, voir le fleuve pour la première fois… c’était hallucinant. » Mais au-delà du dépaysement, c’est surtout l’esprit du lieu qui le marque. « C’était une école », dit-il. « Un lieu de rassemblement pour les auteurs-compositeurs. » Pour la première fois, il se retrouve entouré de pairs, d’artistes qui partagent la même passion pour la chanson francophone.
Ce passage à Petite-Vallée laisse une empreinte durable. Il y rencontre des mentors, des collaborateurs, et développe une vision de la chanson qui l’accompagnera toute sa carrière. « C’est aussi les rencontres générationnelles dont je me rappelle. Quand j’ai fait le concours, j’ai rencontré Louise Forestier et je capotais! Des gens comme ça, comme Robert Léger de Beau Dommage qui donnait des ateliers, Petite-Vallée a toujours eu ça pendant les périodes de concours, ces rencontres-là entre des gens qui commencent, et des gens plus établis. »

Une fidélité au fil des années
Depuis, Dumas est revenu à de nombreuses reprises, que ce soit dans le cadre du festival ou en tournée. La Vieille Forge est devenue « un passage obligé » dans l’Est du Québec. « C’est un public unique », affirme-t-il. « Les gens là-bas ont une vraie passion pour la chanson québécoise. » Une relation de confiance s’est installée avec le temps, nourrie par une communauté profondément engagée.
Cette fidélité tient aussi à la mission du lieu. Petite-Vallée n’est pas qu’une salle de spectacle : c’est un écosystème, un incubateur, un endroit où se croisent relève et artistes établis. « Ce genre de lieu est essentiel. Ça permet de garder la culture vivante. »
Des souvenirs gravés à jamais
Au fil des ans, Dumas a vécu à Petite-Vallée des moments aussi improbables que marquants. Comme cette soirée de 2016, où une panne d’électricité plonge toute la Gaspésie dans le noir, une heure avant son spectacle. « C’est impossible d’annuler à Petite-Vallée… Tu dois trouver une solution! ». Avec une simple génératrice, il improvise un concert acoustique. « On a branché la boule disco sur la génératrice, et j’ai joué acoustique! Il y avait quelque chose de magique, se rappelle-t-il. Les gens m’en parlent encore. C’est au point où, quand je reviens, certaines personnes me disent qu’ils trouvent ça dommage qu’il y ait de l’électricité! »
Ou encore cette fois où, en plein spectacle, il a célébré le mariage de deux spectateurs. Des années plus tard, il recroisera la famille… dans un aéroport des Caraïbes. « Les enfants m’ont dit : “C’est toi qui as marié nos parents!” et ils me font un câlin! ».

Et puis il y a ces moments de solidarité entre artistes, comme lorsque son bassiste, confronté à un deuil familial, doit s’absenter à la dernière minute. Désemparé face à la situation, Dumas confie à son ami Vincent Vallières, également présent à Petite-Vallée, qu’il ne trouve pas de solution, mais encore une fois, « on peut pas annuler à Petite-Vallée! » La bassiste de Vallière, Amélie Mandeville, propose alors de remplacer au pied levé, apprenant tout le répertoire en une nuit. « Ça reste un de mes moments forts en carrière », confie Dumas. Autant d’histoires qui témoignent de l’esprit particulier de Petite-Vallée : un lieu où l’imprévu devient souvent mémorable.
La représentation du 17 avril marquera aussi une première pour Dumas : découvrir le nouveau Théâtre de la Vieille Forge inauguré à l’été dernier. Un espace repensé, appelé à jouer un rôle clé dans le développement culturel de la région. « J’ai très hâte de voir ça », dit-il. « Ce sont des lieux essentiels pour la création, pour les rencontres. »
Dans ce contexte, Piano voix diapos prend tout son sens. Plus intimiste, centré sur les mots et la mémoire, le spectacle s’inscrit dans la tradition de la chanson portée par Petite-Vallée. Avec Piano voix diapos, Dumas propose une formule épurée : voix, piano et projections de diapositives anciennes qu’il a lui-même collectionnées à travers le Québec. Ces images deviennent le fil conducteur d’un récit personnel, à mi-chemin entre concert et confidence. « C’est un retour aux sources », explique-t-il. « Je me reconnecte à l’importance du texte. »
Une approche qui devrait trouver un écho particulier à Petite-Vallée, où l’écoute et la découverte sont au cœur de l’expérience.
Des souvenirs gravés à jamais
Pour Dumas, chaque passage à Petite-Vallée est spécial. Mais celui-ci l’est peut-être encore davantage. Parce qu’il marque un retour aux origines, dans un lieu qui l’a vu grandir comme artiste.
Le 17 avril, ce lien se renouera une fois de plus, dans une salle toute neuve, mais portée par la même passion. Et pour le public, ce sera l’occasion d’assister à un spectacle où l’intime rencontre l’histoire : celle d’un artiste, et celle d’un lieu qui continue, année après année, de faire vibrer la chanson québécoise.
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