10 jours, 60 spectacles, un village de 140 habitants. Le Festival en chanson de Petite-Vallée dévoile sa programmation 2026
Entrevue avec Caroline Savoie et Étienne Fletcher : Redonner à sa communauté
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Étienne Fletcher, originaire de Regina, en Saskatchewan, et Caroline Savoie, Acadienne de Dieppe, se sont produits au Festival en chanson de Petite-Vallée comme fiers représentants de la francophonie canadienne. Tous les deux très attachés au festival, ils parlent des artistes francophones hors Québec comme d’une grande famille soudée, malgré la distance qui les sépare… d’un océan à l’autre !
Partir de bon pied

« Peu importe ce qu’est ton background, pis peu importe ce qu’est ton expérience, on dirait que tout le monde se rencontre au même niveau, lance Caroline Savoie. C’est ça que moi, j’apprécie dans ce festival en général. Il y a un genre de laid-back vibe que j’aime beaucoup à Petite Vallée, poursuit-elle. Ça feel en vacances même si t’es pas en vacances. C’est comme un extra party de bureau ! »
Caroline Savoie est une grande amatrice de comédies romantiques à l’eau de rose, époque Julia Roberts et Julia Stiles, tellement qu’elle a nommé son dernier projet studio Rom-Com, album-concept pouvant agir comme une bande-son à n’importe quel film du genre. Étienne Fletcher est fan !
« Je pense que c’est le futur de la musique, de combiner des éléments visuels et des concepts, parce que les gens sont entourés de bonne musique. La musique sonne bien, OK, mais qu’est-ce qu’on peut faire d’autre pour stimuler les gens ? »
Caroline Savoie, elle aussi, est très admiratrice du travail de son homologue de la francophonie canadienne. Elle nomme notamment la chanson Jeu de mémoire, tirée de l’album Entre-deux (2021) de Fletcher. « J’avais vu Étienne la chanter pendant un show live pendant la pandémie, en ligne. J’étais inconsolable, je pouvais pas arrêter de brailler. C’est une toune où Étienne parle de sa grand-mère qui a l’Alzheimer. Puis d’apporter une beauté là-dedans, c’est un plus difficile. »
Des artistes qui s’admirent mutuellement! Et ça tombe bien : après leurs performances respectives au Camp Chanson (Étienne Fletcher le 2 juillet et Caroline Savoie le 3 juillet), les deux artistes ont également partagé une performance acoustique au Shed à Léon le 2 juillet, dans le cadre d’une vitrine de la Musicaction.

Rester tissés serrés
Les deux artistes s’expriment sur la bonne tenue de leur carrière dans le Canada hors du Québec. Sans être un désert aride, les ressources manquent parfois, notamment dans la diffusion.
« Ce que nous, on a beaucoup ici, c’est un appui pour l’émergence, note Étienne Fletcher. Si tu es au secondaire et que tu veux développer ta musique en français, il y a des petits programmes en place, il y a un peu de subventions, il y a du communautaire qui est là, à ta disposition, continue le Fransaskois. Ce qui nous manque, c’est qu’une fois que tu as un concept, un projet, et que tu es rendu prêt à exporter ton truc, que ce soit au Canada, au Québec ou en Europe, on n’a pas beaucoup de structures pour [nous] aider. C’est plutôt un vide dans le tremplin émergent établi. Les gens te regardent et te disent “ben oui, va-t’en à Montréal, roule ta boule un peu, puis essaie de passer le mot sur ton projet”. »
Caroline Savoie a justement fait le grand saut il y a 10 ans, elle qui vit à Montréal la majorité du temps. Et pourtant, l’Acadienne reste encore très attachée aux terres qui l’ont vue naître.
« Je suis un peu en réflexion en ce moment pour revenir, parce qu’à un moment donné, si tout le monde s’en va, qu’est-ce qui va arriver à ma communauté ici ? »
Étienne Fletcher, de son côté, a lancé une maison de disques indépendante récemment, Homestead Records, qui accompagne pour l’instant une seule artiste, la Fransaskoise Sylvie Walker. Il compte en signer davantage dans la prochaine année.
« [Homestead], ça prend du temps à démarrer, mais il y a une bonne réception de la part des communautés. Puis je ne pense pas qu’on soit là pour tout régler, mais juste pour donner un petit point de repère aux artistes qui sont rendus au point où ils veulent tourner, s’ils ont déjà un album ou qu’ils veulent l’exporter. »
Artiste franco-canadien? Artiste québécois? Qui fait du folk, du rock, de la pop, de l’indie? Au diable les étiquettes, selon Étienne Fletcher !
« C’est tannant des fois… “Screw it”, c’est juste de la bonne musique, you know. À Petite-Vallée, tout le monde est là pour célébrer la musique, c’est pas un événement uniquement pour les artistes hors Québec, ou uniquement pour les quebs. Alan et l’équipe font vraiment un bon job pour ficeler ça de façon intéressante. »

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