16 avril 2026

Les camps pour adultes de Petite-Vallée : jeune ou moins jeune, il n’y a pas d’âge pour écrire des chansons!

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Les camps pour adultes de Petite-Vallée : jeune ou moins jeune, il n’y a pas d’âge pour écrire des chansons!

Le Village en chanson de Petite-Vallée est connu pour ses camps d’écriture jeunesse, qui apprennent les rudiments du métier à des adolescents, comme à des enfants. Mais saviez-vous que des camps d’écriture de chansons (et autres déclinaisons!) sont aussi offerts aux adultes? On vous en fait le tour d’horizon.

« Tu as des gens dans la vingtaine, qui peut-être vont s’inscrire aux Francouvertes bientôt, qui vont s’inscrire à différents concours. Et ça va jusqu’au professeur retraité, qui a rêvé toute sa vie d’écrire des chansons, puis que, finalement, rendu à 65 ans, il se dit “ben moi j’y vais, j’essaie”. Ça couvre très large. »

Voilà comment Nelson Minville, auteur-compositeur-interprète de métier et animateur d’un camp pour adultes voulant perfectionner leur écriture de paroles à Petite-Vallée, décrit le spectre des participants.« Si tu sens qu’au fond de toi, tu as la passion, cette espèce d’enthousiasme, cette envie d’écrire, si tu sens qu’il y a quelque chose qui te démange à quelque part, mais qu’en même temps, tu ne sais pas par quel bout commencer, je pense que [le camp en chanson de Petite-Vallée], c’est la meilleure façon de venir voir c’est quoi pour vrai. S’installer, avoir les bases de l’artisanat, et donc, constater si on est vraiment fait pour ça. »

Nelson Minville et les campeur.euse.s du séjour Écriture de chansons

Jean-Pierre Fortin, dit Jack Fortin, de Matane, caressait le rêve de se lancer dans la musique depuis plusieurs années déjà. Après un premier extrait lancé en 2022, l’artiste gaspésien est venu perfectionner son art auprès de Nelson Minville l’été dernier.

« On perd aussi nos illusions. On apprend qu’on ne se promène pas avec un foulard dans le vent sur la rue pour écrire, que c’est un travail où il faut s’asseoir, il faut se dire qu’on ne bouge pas jusqu’à ce que quelque chose finisse par sortir. C’est surtout des outils, un ensemble de techniques, parce que même s’il n’y a pas de recette, il y a quand même des façons de faire éprouvées pour écrire », dit Jack Fortin. Il renchérit en expliquant les paramètres d’un texte intéressant, pas trop explicatif :

« Quand on écrit des chansons, on ne veut pas décrire les choses. On ne va pas dire “je me suis réveillé ce matin, j’étais de bonne humeur.” On va dire “je me suis réveillé ce matin, j’avais le sourire aux lèvres”, » explique-t-il. « Le défi, c’est de trouver, avec des mots simples, des images qui n’ont pas été dites tant que ça avant, qui vont faire ressentir des choses aux gens qui entendent la chanson et qui vont leur permettre de se l’approprier aussi. »

Comme expliqué par Jack Fortin, la musique n’est pas une science infuse : il n’existe pas de caneva qui permet d’assurer à une personne que son morceau sera un succès critique comme commercial. Nelson Minville explique qu’il donne davantage des trucs pouvant servir à chaque artiste selon sa personnalité propre, les épaulant, sans forcer ses mots dans leur plume.

Comme pour n’importe quelle autre discipline, l’écriture de chansons doit être un minimum encadrée, et Minville agit comme mentor, plus que comme un professeur. « L’inspiration, c’est bien beau, mais si ton talent n’est pas dressé un peu comme un cheval, ça va faire n’importe quoi, lance-t-il. Écrire, c’est un peu comme apprendre à tricoter. Si je te donne de la laine et deux aiguilles pour tricoter, et que je te dis “awaille, tricote-moi un chandail”. Tu vas me répondre “je veux bien, mais je ne sais pas comment”. Alors, je ne te montrerai pas comment tricoter un chandail nécessairement, mais je vais te montrer comment faire des mailles. Ensuite, tu en fais ce que tu veux. »

Minville anime notamment des ateliers où il propose une mélodie à chaque participant, les invitant à poser des syllabes sur des notes, ou à décrire un lieu chargé de mémoires, pour pousser chaque campeur à retranscrire leurs plus beaux souvenirs dans une chanson.

On termine l’échange en demandant : quelle est votre plus belle anecdote du camp d’écriture l’été dernier? Trop d’options montent à la tête de Nelson Minville et de Jack Fortin, avant que Minville se décide à répondre : « Je n’ai pas d’anecdotes comme telles, mais ce que je veux dire, l’anecdote, c’est de se retrouver au même endroit, au même moment, en plein été, en Gaspésie, juste pour le simple plaisir d’aligner des phrases qui vont se finir par des chansons. »


Partager, s’entraider

Naïma Frank, autrice-compositrice-interprète montréalaise de R&B, a participé à deux camps pour adultes à Petite-Vallée dans sa vie : le camp d’ACI avec Manuel Gasse et Le grand partage avec Guillaume Arsenault.

Naïma Frank a commencé à faire de la musique en 2022, sans être allée dans une école de musique dans son enfance ou son adolescence. Être épaulée par Manuel Gasse lui a permis d’étoffer la profondeur de ses chansons.

« Là où, au départ, j’étais vraiment instinctive, je créais dans ma tête, le camp m’a permis de me structurer, d’avoir plus de profondeur dans mes textes, être capable de sortir de mes sentiers battus et de mes instincts pour avoir plus de cohérence. » 

À la fin du mois de janvier 2026, elle a lancé son premier album long, 18 ans et +. Sa chanson Peau blanche, lancée en single au mois d’octobre dernier, a été écrite en grande partie dans un camp de Petite-Vallée.

Petite-Vallée ne propose pas uniquement des camps pour adultes pour perfectionner l’écriture de chansons : le camp le Grand partage permet une ouverture vers l’autre, nécessaire pour approfondir la sensibilité d’un artiste, d’après Naïma Frank.

« On s’assoyait autour d’un feu, avec une guitare, on se racontait nos vies, notre vécu, pis c’était quoi, notre monde à chacun, se remémore-t-elle. Je suis d’origine haïtienne, et je parlais même de ma propre vision de c’est quoi, être Québécoise. C’était moins de développer l’artiste, plus que d’avoir différentes perceptions autour de la table », poursuit-elle.

« Tout le monde était hyper vulnérable, à fleur de peau, mais pas négativement, plutôt en communauté. C’était carrément romantique! On dirait que ça nous remet tous au même niveau, peu importe que tu sois un artiste avec 10 ans d’expérience, ou avec un an [de métier]. La Gaspésie, c’est un contexte vraiment particulier. Il n’y a pas de pression de performer, et tu es entouré de l’une des plus belles beautés du Québec », conclut-elle, avec le sourire.

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