16 juillet 2026

« Mon chemin a débuté en Gaspésie » : Viviane Audet retrouve Petite-Vallée cet été 

Blogue Festival en chanson Théâtre de la vieille forge
« Mon chemin a débuté en Gaspésie » : Viviane Audet retrouve Petite-Vallée cet été 

Il y a des artistes qui marquent Petite-Vallée, et, à l’inverse, il y a aussi le village et son festival qui laissent une empreinte indélébile, un amour tatoué sur le cœur. Viviane Audet fait partie de ces artistes qui entretiennent un lien précieux avec ce lieu. Alors qu’elle doit prochainement monter sur la scène du Théâtre de la Vieille Forge, l’heure était à la rétrospective et à la discussion : l’occasion de parler de déracinement, d’amour pour la Gaspésie et de brouette aussi.

Viviane Audet est originaire de Maria, un village côtier de la baie des Chaleurs, en Gaspésie. Son attachement au territoire gaspésien est indéniable, et elle y rattache de nombreux souvenirs, notamment à Grande-Vallée et à Petite-Vallée, puisque sa mère est native de Grande-Vallée.

« Le festival en chanson de Petite-Vallée, mes tantes allaient là chaque année. C’est quelque chose de très familial. Mes parents y allaient, on allait voir des shows », raconte-t-elle, rêveuse.


Le point de départ d’une artiste en devenir

Bien avant d’y participer comme artiste, la pianiste se souvient du festival alors qu’elle n’avait que huit ans. « Mon père a participé au festival, qui était un concours dans ce temps-là, et mon rêve, c’était qu’il se casse une jambe pour que je puisse le remplacer », poursuit Viviane Audet, amusée, avant de préciser que les jambes de son père sont heureusement demeurées saines et sauves.

Finalement, elle a pu prendre sa revanche en 2003. Cette année-là, elle a remporté la catégorie Interprète du concours, tandis que Philippe Proulx, alias Pépé et sa guitare, s’est illustré dans la catégorie auteur-compositeur-interprète. Un moment gravé dans sa mémoire, particulièrement lorsqu’Éric Goulet, juge lors de la finale, a prononcé son nom.

« C’était beau parce que j’avais devant moi [toute] ma famille qui était là […] Je pense que c’est un de mes plus grands moments de fierté à vie. » Elle considère d’ailleurs Petite-Vallée comme « la bougie d’allumage » de sa carrière. 

De son passage au festival, Viviane Audet conserve non seulement des souvenirs, mais aussi des apprentissages, comme certaines vocalises qu’elle pratique encore aujourd’hui. « C’est comme un coffre à outils. Ce n’était pas juste l’occasion de se faire connaître, c’était l’occasion de se perfectionner dans ce nouveau métier », soutient la pianiste.

Pour l’artiste gaspésienne, la présence de concours et d’initiatives culturelles directement en Gaspésie fait toute la différence. « Ça donne de l’importance à ceux à quoi on aspire dans la vie. Quand tu viens de la Gaspésie, tout paraît si loin. […] Dans ma tête, il fallait être à Montréal pour réussir. Mais là, on me dit non, ton chemin peut passer par ici. Puis c’est beau quand j’y pense que mon chemin a débuté en Gaspésie. »


Quand le territoire nous habite, même à distance

De retour au présent, l’artiste, qui devait se produire au Festival en chanson de Petite-Vallée avec Mentana — groupe qu’elle forme avec Robin-Joël Cool, Yannick Parent et Erik West-Millette — a finalement dû annuler le concert en raison d’un accident de brouette dans lequel le chanteur de la formation a été impliqué.

« On était si heureux et si fiers de venir à Petite-Vallée. C’est un but dans la vie, pis là d’annuler, en plus que c’est notre patelin », se désole-t-elle. « On aimerait beaucoup se reprendre. »

De son côté, ce sera chose faite, puisque Viviane Audet sera de passage au Théâtre de la Vieille Forge le 22 juillet 2026 dans le cadre du réseau d’été du ROSEQ, dont elle est porte-parole cette année. Elle y présentera Le piano et le torrent, spectacle tiré de l’album du même nom, conçu comme un récit pianistique. Pour l’occasion, elle sera accompagnée de la harpiste Éveline Grégoire-Rousseau.

« C’est d’abord et avant tout un spectacle qui raconte mon déracinement en tant que Gaspésienne. ».Indirectement, le spectacle pose la question de notre appartenance à un territoire lorsque nous ne l’habitons plus, et de la manière dont celui-ci continue malgré tout à nous habiter.

« On rentre dans mon histoire, mais ce qui est le fun, c’est que j’ai l’impression que ce spectacle-là résonne pour les gens. Parce que je ne suis pas la seule qui soit partie de son patelin, et ton patelin, ça n’est pas obligé d’être au Québec, affirme-t-elle. Peu importe d’où tu pars, il y a cette maison-là, ta maison d’enfance, ton territoire, ton quartier, ton pays, ta ville, tout ça. Ça reste dans toi. Comment il peut t’habiter après? »

Le public pourra également entendre des pièces tirées de l’album Les filles montagnes (2020), qui rend hommage aux 14 victimes de la tuerie de Polytechnique.

L’artiste aura aussi la particularité d’être présentée et accueillie… par elle-même. Depuis la réouverture du théâtre, les visiteurs attentifs auront peut-être reconnu la voix qui guide le public, qui est celle de Viviane Audet. « C’est du jamais vu! » s’exclame-t-elle en riant. Si elle espère pouvoir revenir au festival avec Mentana, une chose demeure certaine à ses yeux : « Même si je n’ai plus de maison en Gaspésie, la scène le sera tout le temps. Et Petite-Vallée a une place de choix dans mon cœur. »

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