6 février 2026

Nikamu Mamuitun II : entrevue avec Ivan Boivin Flamand et Guillaume Arsenault

Festival en chanson
Nikamu Mamuitun II : entrevue avec Ivan Boivin Flamand et Guillaume Arsenault

Il y a presque dix ans naissait la première mouture de Nikamu Mamuitun, un spectacle qui alliait 4 artistes autochtones à 4 artistes allochtones. Le résultat a marqué les esprits grâce à des compositions surprenantes, mais surtout parce que le projet avait réussi son but ultime : rassembler. Un peu avant Noël, nous avons rejoint Guillaume Arsenault et Ivan Boivin Flamand alors qu’ils étaient en résidence de création avec la seconde cohorte de Nikamu Mamuitun, qui partira sur les routes du Québec au cours des prochains mois. Cette fois-ci, c’est Mimi O’Bonsawin, Sandrine Masse, Pako, Willows, Mariko, Velours Velours et Luan Larobina qui vont unir leurs talents pour créer une œuvre où les cultures se rencontrent.

Se rencontrer après avoir fait un bout de chemin

Guillaume Arsenault et Ivan Boivin Flamand, ont tous les deux participé à la première édition de Nikamu Mamuitun. Ivan était participant, alors que Guillaume était venu en renfort pour faciliter la création en proposant des ateliers et en partageant ses acquis en composition. Voilà que, pour cette deuxième édition, les deux sont à la tête créative et à la direction artistique du projet. 

Il n’y a pas qu’eux qui ont plus d’expérience. La première cohorte misait que sur de jeunes artistes alors que, cette fois-ci, plusieurs d’entre eux ont un long parcours de fait. Arsenault nous explique que : « Cette fois-ci, ce sont des artistes établis, qui ont des carrières, qui ont déjà beaucoup d’expérience. C’est une autre façon de faire. La première cohorte, il y avait aussi beaucoup de participants qui chantait dans la langue innu-aimun. Cette cohorte-ci, c’est plus atikamekw, mais on intègre aussi la langue michif (NDLR : la langue du peuple métis) avec Geneviève [Toupin], du wendat avec Sandrine [Masse]. Puis, éventuellement, ce qu’on va travailler et qui est très rare et difficile, c’est d’ajouter de l’abénakis. Il y a peu de personnes qui parlent l’abénakis. »

Ivan Boivin Flamand et Guillaume Arsenault. Photo : André Bujold

De nouveaux défis, de nouvelles aventures

Ivan Boivin Flamand peut en témoigner : il y avait beaucoup d’émotions dans la première mouture de Nikamu Mamuitun. « En fait, ce qui est cool avec ce projet-là, c’est que quand on est arrivé ici avec la première cohorte, on ne s’attendait pas à ça.»  On parle ici des années de tournée, de l’album et d’une aventure qui a dépassé leurs rêves les plus fous. Ivan raconte même à la blague qu’à chaque fois qu’ils se disaient au revoir après avoir joué un dernier spectacle de tournée, ils le prenaient avec légèreté parce qu’ils savaient que plusieurs autres dates seraient annoncées. Jusqu’à ce que le collectif décide que c’était la fin : « Mais bon, tu sais, quand on a décidé que ça allait être le dernier show, Il y avait beaucoup d’émotion dans ce show-là. Mais je pense que c’est comme passer à une autre relation. Il y a quelque chose d’excitant dans la deuxième cohorte parce que c’est un autre univers. »

Moment de loge, avant le spectacle. Photo : Groupe Fovéa / Alexandre Zacharie
Un processus plus rigoureux et vigoureux

Étant donné que ce sont des artistes établis qui participent à cette nouvelle cohorte, le temps est davantage compté. Cela a poussé l’équipe à construire un horaire plus rigoureux de création. Guillaume Arsenault explique que : « On a eu une première rencontre de cinq jours au studio B12. C’était au printemps, pour écrire les chansons. Ça a été notre première rencontre. Puis c’était un peu comme je parlais tantôt, la première cohorte où il n’y avait pas de pression. Là, au contraire, les shows avaient déjà commencé à être vendus avant qu’on se rencontre. On est un peu victime du succès de la première cohorte. On avait la pression d’écrire des chansons qui allaient être enregistrées. On est allé cet automne à Maliotenam pour enregistrer les chansons. » 

Ivan a aussi vécu ça très différemment en tant que directeur musical qui a dû choisir quel musicien allait jouer quelles partitions et distribuer le boulot à tout le monde. Évidemment tout est arrivé en même temps et il a été dans un rush total. Il dit à la blague que c’est comme dans Spider-Man : « avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités. »

Luan Larobina. Photo : Groupe Fovéa / Alexandre Zacharie.
Une nouvelle cohorte toute fraîche

Avec de nouveaux artistes viennent aussi de nouvelles couleurs musicales. Guillaume Arsenault explique qu’il y a « un côté musique du monde qui va être là, qui est le fun et qui n’était pas là dans la première cohorte. Avec Mimi O’Bonsawin qui est beaucoup dans cet univers-là, puis Luan Larobina. Ça fait du bien. Le premier spectacle, c’était la rencontre. Même chose cette fois-ci. »

Une fois de plus, l’organisation de Petite-Vallée est heureuse de chapeauter un projet aux valeurs qui résonnent en nous. À la suite de la résidence de création, le spectacle a été présenté une première fois le 28 novembre au Théâtre de la Vieille Forge. Il prendra maintenant les routes du Québec au cours des prochains mois. 

Visitez le site web du projet pour connaître les dates de spectacle.